Au violon

L’art au défi de la liberté

Quel chemin parcouru depuis 2014, date à laquelle l’association française Art et Prison met en scène, pour la première fois en France, les créations artistiques réalisées par des détenus !
La prochaine exposition, aux « couleurs de la liberté » se tiendra à la mairie d’Osny dans le Val d’Oise.

L’art change-t-il le cœur de l’homme ? La question pourrait être posée à l’épreuve de philosophie du baccalauréat… Bruno Lavolé, président d’Art et Prison France, et les membres de l’association (*) y croient. Et si la liberté a des couleurs, celles-ci seront à l’honneur du 5 au 31 janvier 2026, (vernissage le 9 janvier) représentées par 100 tableaux venus de 30 pays, déjà exposés au Liechtenstein, en Allemagne et en Italie.

Le pari de l’association : quels que soient les crimes, délits et autres méfaits commis par un individu, ce dernier peut s’amender, évoluer et se transformer au fil du temps. Et l’art peut être ce vecteur, cet agent capable de favoriser la réinsertion.

Pour les nombreuses personnes déjà sensibilisées au milieu carcéral, c’est une certitude mais l’exploit consiste à toucher des personnes qui, pour la première fois, se voient confrontés à l’univers pénitentiaire. La plupart tombent des nues, médusés par la qualité des œuvres, ce qui ne manque pas de susciter un autre regard sur la prison et par extension un autre regard des personnes incarcérées sur elles-mêmes.

Oui, les détenus peuvent avoir du talent et le succès des expositions en est la preuve ! D’aucuns ont apporté leur témoignage, recueilli par Bruno Lavolé dans différents centres de la région parisienne : Marcel regrette de ne pas pouvoir montrer son travail à ses enfants; pour Yves, peindre est devenu une passion ; Ousmane fréquente assidûment l’atelier créatif sous le regard attentif de l’intervenante culturelle. Quand il peint, il oublie ses soucis, ça le calme ; Adrienne peint aussi en cellule. Elle y passe presque tout son temps… etc. (**)

L’organisation d’une telle manifestation est une gageure et exige des efforts considérables, à commencer par le transport aller et retour des œuvres depuis Berlin où elles sont stockées (cette année, c’est Bruno Lavolé qui conduit la camionnette…), des frais annexes de communication, d’emballage, d’assurance, etc.

Pour financer la manifestation, l’association fait appel à la générosité de contributeurs. (***)

A noter que les œuvres exposées ne sont pas à vendre. Elles appartiennent à l’association allemande Art and Prison, e.V.. Créée en 2009 par Peter Echtermeyer, celle-ci a déjà organisé six concours internationaux d’art réservés aux personnes incarcérées. Ne manquez pas de visiter son site internet (https://artandprisonberlin.jimdoweb.com/in-english/), qui donne un avant-goût de la qualité et de la diversité des œuvres qui lui sont parvenues, déjà plus de 2000 !

Du 5 janvier au 31 janvier 2026 : mairie d’Osny dans le Val-d’Oiseen collaboration avec le Centre Pénitentiaire d’Osny Pontoise, et son Unité Locale d’Enseignement

En novembre 2026  dans le Morbihanen collaboration avec le collectif Vannes Solidarité Prison.

Voir le site https://art-et-prison.fr

(*) Voir l’article « L’art à barreaux ouverts »

(**) Les prénoms ont été modifiés

(***) www.helloasso.com/associations/art-et-prison-france/collectes/exposition-internationale-d-art-cree-en-prison

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